
Bruxisme à Charlesbourg : pourquoi vous grincez ou serrez des dents (et quoi faire)
Vous vous réveillez la mâchoire serrée, les tempes tendues, comme si vous aviez forcé toute la nuit. Peut-être que votre partenaire vous a déjà dit qu’il vous entend grincer des dents pendant votre sommeil. Ou c’est votre dentiste qui a remarqué une usure inhabituelle sur vos dents.
Le bruxisme (serrer ou grincer des dents de façon involontaire) touche une grande proportion d’adultes, souvent sans qu’ils s’en rendent compte. Et la plupart du temps, on s’attaque au symptôme visible (l’usure des dents) sans s’occuper de ce qui l’accompagne : des muscles de la mâchoire et du cou en tension constante.
Voici ce qui se passe réellement, ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui, et à quel moment consulter à Charlesbourg.
Qu’est-ce que le bruxisme, exactement ?
Le bruxisme est une activité involontaire des muscles de la mâchoire qui vous amène à serrer ou à grincer des dents, le jour comme la nuit. Ce n’est pas une maladie en soi, mais un comportement répété qui peut surcharger vos dents, vos muscles masticateurs et votre articulation de la mâchoire.
On distingue deux formes, qui ne se vivent pas de la même façon :
- Le bruxisme d’éveil : surtout du serrement, le jour, souvent lié au stress ou à la concentration (devant un écran, dans le trafic, en période de surcharge). Il est généralement silencieux et on le fait sans le savoir.
- Le bruxisme du sommeil : surtout du grincement, la nuit, complètement inconscient. C’est souvent l’entourage ou le dentiste qui le détecte en premier.
Selon les études, entre 8 % et 30 % des adultes en font à un moment ou à un autre, et ce chiffre est probablement sous-estimé. Le bruxisme a tendance à diminuer avec l’âge, surtout après 40 ans.
Comment savoir si je fais du bruxisme ?
Comme le bruxisme survient surtout de façon inconsciente, ce sont ses conséquences qui vous mettent généralement la puce à l’oreille. Plus vous cumulez de signes, plus il est probable que vous serriez ou grinciez des dents.
- Une mâchoire fatiguée, raide ou serrée au réveil
- Des maux de tête au réveil, surtout au niveau des tempes
- De l’usure, de la sensibilité ou des fissures sur les dents (souvent repérées par le dentiste)
- Des bruits de clic ou de craquement dans la mâchoire
- Des tensions au cou et aux épaules sans cause évidente
- L’intérieur des joues mordillé ou des marques sur les bords de la langue
Pourquoi est-ce que je serre ou grince des dents ?
Le bruxisme n’a presque jamais une seule cause. C’est une combinaison de facteurs, et contrairement à l’idée reçue, ce n’est pas qu’une question de stress.
- Le stress et l’anxiété : le facteur principal du bruxisme d’éveil. Le corps « décharge » sa tension dans la mâchoire.
- Le sommeil : les micro-éveils, le ronflement et l’apnée du sommeil sont associés au grincement nocturne.
- Certains stimulants : la caféine, l’alcool, le tabac et quelques médicaments augmentent l’activité musculaire durant la nuit.
- La posture et les écrans : la position « tête vers l’avant » modifie la tension des muscles du cou et de la mâchoire, qui travaillent en réseau.
Ce n’est pas que dans votre tête. C’est dans vos muscles, et dans vos habitudes.
Quel est le lien entre le bruxisme, la mâchoire et le cou ?
Votre mâchoire et votre cou forment une seule unité fonctionnelle. Quand vous serrez les dents, les muscles de votre cou se contractent eux aussi, et l’inverse est tout aussi vrai.
Les recherches montrent que le grincement augmente la co-contraction des muscles cervicaux : la mâchoire, le crâne et la colonne cervicale fonctionnent comme un système intégré. C’est pourquoi un bruxisme qui dure s’accompagne si souvent de tensions au cou, de raideurs aux épaules et de maux de tête ressentis au réveil.
Lorsque ces tensions s’installent et que la douleur gagne l’articulation elle-même avec des clics, blocages, douleur près de l’oreille, on parle alors de trouble de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM). Et comme la mâchoire et la nuque sont intimement liées, soulager les tensions au cou fait souvent partie de la solution.
Quoi faire à la maison pour soulager les tensions liées au bruxisme ?
Aucun « truc » ne fait disparaître le bruxisme du jour au lendemain. En revanche, plusieurs habitudes réduisent réellement la tension musculaire et la fréquence du serrement. Les leviers ne sont pas les mêmes le jour et la nuit.
Le jour : relâcher votre mâchoire
- Adoptez la position de repos : dents légèrement écartées, langue collée au palais, lèvres fermées, respiration par le nez. C’est la position où vos muscles se reposent vraiment. Refaites ce « réglage » plusieurs fois par jour.
- Placez des rappels visuels : un point de couleur sur votre écran, votre téléphone ou le frigo pour penser à relâcher la mâchoire. C’est l’approche la mieux appuyée pour le bruxisme d’éveil.
- Gérez le stress et appliquez de la chaleur : respiration lente, pauses, activité physique, et une compresse chaude 10 à 15 minutes sur les joues suivie d’un auto-massage léger des joues et des tempes.
La nuit : mieux dormir pour moins grincer
Le bruxisme du sommeil est inconscient : impossible de « décider » d’arrêter de grincer. Mais on peut agir sur ce qui l’entoure, surtout la qualité du sommeil et certaines substances.
- Soignez votre hygiène de sommeil : horaire régulier, routine de détente au coucher, sans écran. C’est la mesure la plus constamment appuyée par les études pour le bruxisme du sommeil.
- Coupez l’alcool en soirée : il augmente nettement les épisodes de grincement (le risque double presque chez les personnes qui en consomment).
- Limitez la caféine en grande quantité et évitez le tabac et la nicotine : le tabagisme double le risque de bruxisme du sommeil.
- Détendez-vous avant le dodo : respiration lente, étirements doux, compresse chaude. Pour la nuit, la relaxation agit surtout en améliorant le sommeil et son effet direct sur le grincement est moins démontré que pour le jour.
- Faites vérifier le ronflement et l’apnée : le bruxisme du sommeil va souvent de pair avec des troubles respiratoires du sommeil. Si vous ronflez fort, faites des pauses respiratoires ou êtes très fatigué le jour, parlez-en à votre médecin ou à votre dentiste.
Les parafonctions à éliminer
Les parafonctions sont des habitudes avec la bouche qui sont inutiles, sans réelle fonction de mastication, et qui surchargent vos muscles et votre articulation. Les repérer et les diminuer réduit la tension, surtout le jour.
- Serrer les dents en se concentrant, en conduisant ou à l’effort (au gym)
- Ronger ses ongles ou la peau autour
- Mordiller un crayon, un stylo, ses lunettes ou d’autres objets
- Mâcher de la gomme de façon répétée
- Croquer de la glace ou des aliments très durs
- Se mordre l’intérieur des joues ou les lèvres
- Pousser la langue contre les dents
- Mastiquer toujours du même côté
- Ouvrir des emballages ou couper du fil avec les dents
- Coincer le téléphone entre l’épaule et la mâchoire
- Appuyer le menton dans la main
Ces stratégies sont sans risque et faciles à intégrer, mais leur efficacité varie d’une personne à l’autre. Pour le grincement nocturne, aucune habitude ne garantit l’arrêt complet et c’est aussi pourquoi la plaque occlusale protège vos dents pendant que vous dormez.
La plaque occlusale du dentiste suffit-elle ?
La plaque occlusale (la gouttière) est utile, mais il faut comprendre son rôle : elle protège vos dents de l’usure et répartit les forces, elle ne fait pas disparaître le bruxisme ni les tensions musculaires qui l’accompagnent.
Autrement dit, vos muscles continuent de travailler, même avec la gouttière. C’est pourquoi une approche combinée donne souvent les meilleurs résultats : votre dentiste protège la dentition et évalue l’occlusion, pendant qu’on s’occupe des tensions musculaires et articulaires de la mâchoire et du cou. Vous n’avez pas besoin d’une référence pour consulter, mais la collaboration avec votre dentiste est précieuse.
Comment la chiropratique peut aider (et ce qu’elle ne fait pas)
Soyons clairs : la chiropratique ne « traite » pas le bruxisme comme tel. Elle agit sur ses conséquences mécaniques : les tensions musculaires et les dysfonctions articulaires de la mâchoire et du cou qui entretiennent votre inconfort.
Concrètement, les soins peuvent inclure :
- Le relâchement des muscles masticateurs (masséters, temporaux) et cervicaux en tension, par un travail manuel doux.
- La restauration de la mobilité des vertèbres cervicales supérieures, étroitement liées à la mâchoire.
- Des conseils et des exercices à faire à la maison : position de repos, posture au bureau, gestion des déclencheurs.⇒ Voyez l’approche détaillée pour la mâchoire et l’ATM.
Beaucoup de gens sentent une différence dès les premières séances ; les situations plus anciennes demandent quelques semaines. Une fois les tensions calmées, un suivi plus espacé aide à éviter que tout revienne, particulièrement dans les périodes de stress. Fort de plus de 10 ans d’expérience, le Dr David Rouleau adapte chaque traitement à votre réalité.
Questions fréquentes sur le bruxisme à Charlesbourg
À propos de l’auteur
Cet article a été rédigé par le Dr David Rouleau, chiropraticien (D.C.), en pratique depuis 2014. Sa clinique, Solution Chiropratique, est située à même la Cité Médicale de Charlesbourg. Il a suivi des formations spécifiques sur les troubles de la mâchoire et travaille en collaboration avec les dentistes de la région pour la prise en charge du bruxisme.
L’information présentée ici est à titre éducatif et ne remplace pas une évaluation clinique personnalisée.

