
Douleur entre les omoplates : d’où elle vient, quand s’inquiéter et quoi faire
Dans la grande majorité des cas, une douleur entre les omoplates vient d’une irritation mécanique : une côte ou une vertèbre dorsale qui a perdu sa mobilité normale. Ce n’est pas dangereux, mais c’est souvent assez intense pour faire peur, et ça ne se règle généralement pas tout seul.
Je suis chiro à Charlesbourg depuis 2014, à la Cité Médicale du Carrefour Charlesbourg. C’est un des motifs de consultation qui revient le plus souvent chez les travailleurs de bureau de la région de Québec, et c’est aussi un de ceux où les gens attendent le plus longtemps avant de consulter. Souvent parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser. Parfois parce qu’ils ont peur de ce que ça peut être.
« Un couteau dans le dos » : ce que vous ressentez vraiment
Les gens qui me consultent pour ça décrivent leur douleur avec un vocabulaire étonnamment constant. « J’ai comme un couteau planté dans le dos. » « Ça brûle. » « J’ai un point, juste là, et je n’arrive pas à l’atteindre. » Au Québec on dit souvent simplement « j’ai un point entre les omoplates », et c’est une description clinique plus juste qu’on pourrait le croire : la douleur est réellement ponctuelle, souvent grosse comme une pièce de monnaie, et légèrement décentrée d’un côté de la colonne.
Le terme clinique pour une douleur du haut du dos ou du milieu du dos, c’est la dorsalgie. C’est le mot que vous verrez sur une note clinique, mais il décrit une région, pas une cause. Deux personnes avec la même dorsalgie peuvent avoir deux problèmes mécaniques complètement différents, et c’est exactement ce que l’examen sert à départager.
Ce que ce n’est presque jamais, c’est un « nœud » musculaire. C’est l’explication qu’on entend le plus souvent, et c’est celle qui envoie des gens se faire masser la même zone pendant des mois sans résultat durable.
Voici pourquoi. Quand un muscle est vraiment en cause, la douleur est diffuse, elle répond bien à l’étirement ou au massage et elle se calme au repos. La douleur dont on parle ici fait le contraire : elle est précise, elle ne bouge pas, elle empire quand vous toussez ou que vous respirez profondément, et elle peut vous réveiller la nuit quand vous changez de position. Le muscle est bel et bien tendu, mais il l’est en réaction à quelque chose de plus profond. Masser la tension sans corriger ce qui la provoque donne un soulagement de quelques heures, puis tout revient.
Est-ce mon cœur ? La question que beaucoup de monde se pose
Je préfère répondre à celle-là tout de suite, parce que c’est la vraie raison pour laquelle bien des gens cherchent de l’information sur cette douleur à deux heures du matin.
Certains signes exigent une évaluation médicale immédiate. Composez le 911 ou rendez-vous à l’urgence si votre douleur s’accompagne de :
- un serrement ou une pression dans la poitrine
- un essoufflement ou une difficulté à respirer
- une douleur qui descend dans le bras, remonte dans la mâchoire ou le cou
- des sueurs froides, des nausées, un malaise général, des étourdissements
- une douleur apparue brutalement après un traumatisme important
- de la fièvre, une perte de poids inexpliquée, une douleur qui s’aggrave franchement la nuit
Ces situations ne s’évaluent pas en chiropratique. Ce n’est pas mon rôle et je ne veux pas que vous perdiez une minute à cause d’un article de blogue. Cela dit, voici ce que j’observe en clinique. Une irritation costo-vertébrale peut faire suffisamment mal pour qu’une personne se demande sérieusement si elle est en train de faire une crise cardiaque. J’ai vu plusieurs patients hésiter à se rendre à l’urgence, et quelques-uns y étaient déjà allés avant de venir me voir, pour se faire dire que tout était normal du côté cardiaque sans obtenir d’explication sur ce qui causait réellement leur douleur.
C’est exactement ce vide-là qu’un examen chiropratique vient combler. Quand les signaux d’alarme ci-dessus sont absents, la cause est le plus souvent mécanique, et une évaluation permet de l’identifier concrètement en quelques minutes. Ne pas savoir ce qu’on a, ça entretient un stress qui fait souvent plus mal que la douleur elle-même.
Le profil que je vois le plus souvent : penché vers l’avant, légèrement en torsion
Si je devais décrire le patient type, ce serait quelqu’un entre 20 et 40 ans, qui travaille assis, et dont le poste de travail impose une position légèrement penchée vers l’avant avec une petite rotation du tronc.
Cette torsion-là est presque toujours involontaire et souvent invisible pour la personne qui la subit. Un deuxième écran placé de côté. Un clavier décalé par rapport au corps. Un portable posé en biais sur le coin du bureau. Une chaise dont un accoudoir empêche de s’approcher droit. Tenue quelques heures par jour, cinq jours par semaine, cette position asymétrique charge continuellement les mêmes articulations costo-vertébrales d’un côté.
Résultat : la personne accumule de la raideur pendant des semaines sans vraiment y porter attention, puis un matin elle se réveille avec une douleur intense et se demande ce qu’elle a bien pu faire. La réponse, c’est qu’elle n’a rien fait de particulier ce jour-là. Le geste déclencheur n’est que la goutte qui a fait déborder le vase.
Si vous travaillez à l’ordinateur, notre article sur la posture en télétravail couvre les correctifs de poste de travail en détail.
Le lien avec le cou, souvent négligé
Il arrive régulièrement qu’un patient arrive en me parlant uniquement de ses omoplates et reparte en comprenant que son cou faisait partie du problème. L’inverse est vrai aussi : beaucoup de gens qui consultent pour une raideur au cou ont une région dorsale haute complètement bloquée, et tant qu’on ne la libère pas, le cou continue de se raidir.
Concrètement, si votre douleur entre les omoplates s’accompagne de tension à la base du cou, de maux de tête qui partent de l’arrière du crâne, ou d’un inconfort qui change quand vous tournez la tête, les deux régions sont probablement liées. C’est une des choses que je vérifie systématiquement à l’examen.
Pour en savoir plus : douleur au cou et raideur cervicale.
Comment j’évalue ça en clinique
L’évaluation de ce type de douleur est plus rapide et plus concluante que la plupart des gens l’imaginent. Après l’histoire de votre douleur, trois choses me donnent l’essentiel de la réponse.
1 – L’amplitude de mouvement cervicale
Je vous fais bouger le cou dans toutes les directions et j’observe si un mouvement précis réveille ou fait irradier la douleur vers la région dorsale. Ça me dit tout de suite si le cou participe au problème ou s’il est spectateur.
2 – La palpation costale
Je palpe les articulations costo-vertébrales une par une. Quand la bonne est touchée, le patient réagit immédiatement et me dit invariablement la même chose : « C’est exactement là ! » La reproduction du symptôme exact est le meilleur indice qu’on soit sur la bonne structure.
3 – La torsion passive du thorax
Je fais la rotation moi-même, sans que vous forciez. Ça permet de tester l’articulation sans que la contraction musculaire vienne brouiller le résultat. Si le symptôme se reproduit, la dysfonction articulaire est confirmée.
Je fais aussi les tests neurologiques et orthopédiques nécessaires pour écarter ce qui ne relève pas de mon champ de pratique. Et comme ma clinique est située à même la Cité Médicale du Carrefour Charlesbourg, je peux collaborer directement avec votre médecin quand la situation le demande.
Combien de temps avant que ça se règle ?
Dans ma pratique, la majorité des gens ressentent un soulagement notable en quelques semaines. Pour une irritation costo-vertébrale aiguë comme celle du cas décrit plus haut, il n’est pas rare que l’amélioration soit franche après 1 à 3 traitements. C’est une des conditions où la chiropratique donne les résultats les plus rapides, et c’est aussi pour ça que les gens sont souvent surpris d’avoir attendu si longtemps.
Maintenant, la nuance qui compte : un soulagement rapide ne veut pas dire que le problème est réglé. Si votre poste de travail vous replace huit heures par jour dans la position qui a créé l’irritation, la même côte va se réirriter. La douleur, c’est le symptôme. La mécanique déficiente qui l’a produite, c’est la cause, et elle demande un peu plus que deux visites.
C’est la conversation que j’ai avec chaque patient une fois la crise passée : on peut s’arrêter là, ou on peut corriger ce qui a mené à la crise. Les deux sont des choix légitimes, mais ils ne donnent pas les mêmes résultats sur un an.
Pour comprendre l’ensemble de mon approche, consultez la page mal de dos à Charlesbourg.
Quand une radiographie s’impose
C’est rare, mais ça existe, et c’est une des raisons pour lesquelles un examen complet a de la valeur.
J’ai déjà reçu un patient dont la douleur entre les omoplates était apparue après une grosse quinte de toux. Le tableau clinique avait quelques éléments atypiques, alors j’ai prescrit des radiographies avant de traiter. Il y avait une fracture de côte. Traiter cette région sans le savoir n’aurait pas été approprié.
Au Québec, le chiropraticien peut prescrire des radiographies, et c’est exactement dans ce genre de situation que ça sert. Une douleur apparue après une toux violente, une chute, un accident, ou chez une personne plus à risque de fragilité osseuse, mérite qu’on vérifie avant d’aller plus loin.
Questions fréquentes sur les douleurs entre les omoplates à Charlesbourg
À propos de l’auteur

Dr David Rouleau, chiropraticien D.C. pratique depuis 2014 et est membre de l’Ordre des chiropraticiens du Québec. Il reçoit ses patients à la clinique Solution Chiropratique, située dans la Cité Médicale du Carrefour Charlesbourg, où il traite principalement les douleurs au dos, au cou, à l’épaule et à la mâchoire. Les dorsalgies chez les travailleurs de bureau représentent une part importante de sa pratique quotidienne.

